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MECENAT
ET FISCALITE
Une
série de nouvelles dispositions ont été récemment
adoptées pour favoriser l'acquisition d'oeuvres d'art et
l'enrichissement de collections ouvertes au public, aussi bien par
des particuliers que par des entreprises. C'est ainsi que l'obligation
d'exposition au public des oeuvres d'artistes vivants acquises par
les entreprises a été considérablement assouplie
en 2006. Par ailleurs, les oeuvres contemporaines peuvent être
remises en dation de paiement des droits de succession. Enfin, il
a été admis que les créations d'oeuvres d'art
réalisées sur supports audiovisuels ou numériques
pouvaient bénéficier du taux réduit de TVA
(5,5%) et la fiscalité applicable aux jeunes artistes, au
titre des cinq premières années d'activité,
a été allégée.
POUR
LES ENTREPRISES
Les entreprises qui
acquièrent des oeuvres originales d'artistes vivants peuvent
déduire de leur résultat imposable le montant de l'achat,
par fractions égales sur cinq ans, dans la limite globale
annuelle de 0,5% de leur chiffre d'affaires. Les oeuvres d'art ainsi
acquises sont exonérées de la taxe professionnelle.
Cette déduction est conditionnée par l'obligation
faite aux entreprises d'exposes ces oeuvres à leurs publics
(personnels et clients). Cette obligation a d'ailleurs été
assouplie : les entreprises doivent exposer ces oeuvres à
titre gratuit, pendant cinq ans, dans un lieu accessible au public.
Il est dorénavant admis que la condition d'exposition au
public est satisfaite dès lors que les oeuvres sont exposées
dans un lieu "accessible aux clients et/ou aux salariés
de l'entreprise, à l'exclusion des bureaux personnels",
par exemple : salles d'accueil, de réunions, halls, couloirs,
restaurants d'entreprises, cafétérias...
Les entreprises qui
participent à l'enrichissement de collections ouvertes au
public bénéficient d'une réduction d'impôt
de 60% du montant de leurs dons, dans la limite d'un plafond de
0,5% du chiffre d'affaires. Si ce plafond est dépassé,
l'excédent pourra donner lieu à réduction d'impôt
au titre des cinq exercices suivant. La réduction est accordée
pour des dons faits à des organismes publics ou privés
d'intérêt général à caractère
culturel, ou concourant à la mise en valeur et à la
diffusion de la culture et de la création française,
dont la gestion est désintéressée.
Contreparties offertes
en communication - Les organismes bénéficiaires des
dons peuvent associer le nom de l'entreprise donatrice aux opérations
réalisées, à condition que les contreparties
publi-promotionnelles n'excèdent pas 25% du montant du don.
Tout organisme bénéficiaire de dons doit délivrer
au donateur un reçu fiscal, le cas échéant,
après avoir obtenu confirmation par l'administration fiscale
que les dons qui lui sont alloués ouvrent droit à
la réduction d'impôt.
Mesures supplémentaires
pour les entreprises engagées dans le mécénat
culturel - Dès lors que les versements sont consentis à
des organismes d'intérêt général qui
ont leur siège et leur activité principale en France,
le bénéfice du régime du mécénat
est admis pour des actions déployées ponctuellement
à l'étranger ; comme, par exemple, celles mises en
oeuvre par Culturesfrance ou le Centre National des Arts Plastiques.
Une disposition majeure
pour le patrimoine - Les dons des entreprises permettant à
l'Etat d'acquérir des trésors nationaux et des biens
culturels situés en France ou à l'étranger,
qui présentent un intérêt majeur pour le patrimoine
national, peuvent ouvrir droit à une réduction de
l'impôt sur les sociétés de 90% du montant du
don, sous certaines conditions.
Harmonisation de la
TVA sur les oeuvres d'art - Comme les autres oeuvres d'art originales,
les créations d'oeuvres d'art réalisées sur
supports audiovisuels ou numériques bénéficient
du taux réduit de TVA à 5,5%.
POUR
LES PARTICULIERS
Les particuliers qui
concourent à l'enrichissement de collections ouvertes au
public, par un don à un organisme d'intérêt
général (musée, fondation, centre d'art...)
bénéficient d'une réduction d'impôt de
66% du montant de leur don dans la limite de 20% du revenu imposable.
Si le don dépasse cette limite, l'excédent est reporté
sur les cinq années suivantes. Les héritiers, donataires
ou légataires qui consacrent une partie du produit d'une
succession au profit d'une fondation ou d'une association reconnue
d'utilité publique; de l'Etat, des collectivités territoriales
et de certains établissement publics peuvent la soustraire
du calcul des droits de succession. Seuls les dons de sommes d'argents
ouvrent droit au bénéfice de cette mesure, à
l'exception des fondations reconnues d'utilité publique qui
peuvent recevoir des dons en nature.
Un régime fiscal
avantageux : la dation - Les particuliers peuvent acquitter les
droits de succession ou de donation ou l'impôt de solidarité
sur la fortune (ISF) par remise d'oeuvres d'art, de livres, d'objets
de collection, de documents de haute valeur artistique ou historique.
Cette procédure exceptionnelle de règlement est subordonnée
à un agrément, après examen par la Commission
des dations.
Les oeuvres d'artistes
vivants peuvent être remises à l'Etat dans le cadre
de cette procédure.
Un régime fiscal
plus favorable aux artistes afin de permettre aux jeunes créateurs
de mieux vivre en France de leur talent ou de donner envie aux artistes
étrangers de venir créer et vivre sur notre territoire.
En application de ce
nouveau régime (codifié à l'article 03 du Code
Général des Impôts), les auteurs dans le domaine
des arts graphiques et plastiques (peinture, gravure, sculpture,
photographie, graphisme...) bénéficient d'un abattement
de 50% sur le bénéfice imposable provenant de leur
activité artistique.
Cet abattement est
plafonné à 50 000 euros par an, il s'applique aux
auteurs, à compter du 1er janvier 2006 :
- au titre des
cinq premières années d'activité ;
- aux revenus issus de la cession des oeuvres d'art mentionnées
à l'article 98 A de l'annexe III au Code Général
des Impôts, ainsi que des revenus provenant de la cession
et de l'exploitation des droits patrimoniaux portant sur ces oeuvres
;
- aux auteurs imposés au régime de la déclaration
contrôlée (frais réels déclarés
annuellement), à l'exception des auteurs ayant opté
pour le régime spécial d'imposition prévu à
l'article 100 bis du Code Général des Impôts
(moyenne des frais réels sur plusieurs années).
Les artistes non résidents
qui s'installents sur le territoire français bénéficient
également de cette incitation fiscale dès lors qu'ils
ont, pour la première fois, leur domicile fiscal.
Source : http://www.culture.gouv.fr/culture/dap/dap/pdf/plaquet_mecenat.pdf
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